30 janvier, action nationale unitaire dans les Ehpad

Les fédérations CGT Santé et action sociale et Services publics,

rejointes par les organisations CFDT et FO,

appellent à une journée nationale de grèves et de mobilisations,

mardi 30 janvier 2018,

à 15 h, devant la préfecture de Nevers

Les conditions d’accueil et d’’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie sont alarmantes.  L’actualité médiatique a d’ailleurs beaucoup traité du sujet ces derniers mois mettant en évidence une situation scandaleuse mais pourtant bien réelle.

Depuis de nombreuses années, les personnels des Ehpad et des services d’aide à domicile tirent la sonnette d’alarme, un manque de personnel considérable reconnu par tous et face auquel les réponses apportées par le gouvernement ne sont pas à la hauteur.

Une prise en charge indigne des résidents

En moins de quinze minutes, il faut lever un résident, lui faire une toilette sommaire (minutée et limitée à huit minutes selon les consignes de certains établissements), l’habiller, lui faire prendre son petit déjeuner et ses médicaments, refaire le lit et, ensuite, passer à un autre résident… Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de temps pour parler avec le résident, le rassurer…
C’est bien une maltraitance institutionnelle et organisée qui s’installe dans les Ehpad publics comme privés et qui coûte des milliers d’euros aux résidents et à leur famille.
On est bien loin de la bientraitance et de la bienveillance prônées par nos dirigeants… Les personnels des Ehpad ne sont pas en situation de faire un travail correct et dans le respect de la personne humaine ; ils en souffrent énormément et ne veulent plus se taire.


P
roblème numéro un : le manque de personnel


En Ehpad, le taux d’encadrement est de 0,6 emploi par résident. À titre d’exemple, ce ratio est de 1,2 en Allemagne pour les établissements de même type.
Par ailleurs, la présence d’une infirmière est le plus souvent limitée à la journée. La nuit, seules des aides-soignantes assurent la prise en charge des résidents. Actuellement, le personnel travaillant dans ce secteur est en grande souffrance. Ce sont des métiers pénibles tant physiquement que psychologiquement, mal reconnus, mal payés, avec des conditions de travail très dégradées et un personnel, la plupart du temps, sous-qualifié.
Dans un milieu professionnel tourné vers l’humain, c’est bien de personnel que l’on a besoin, de professionnels qualifiés, en nombre suffisant, reconnus et respectés.

 Un besoin cruel de financement

La réforme du financement qui s’est mise en place en 2017 concernant les établissements médicosociaux – notamment les Ehpad – impose de nouvelles contraintes budgétaires aux établissements en supprimant les possibilités de négociations annuelles permettant d’adapter les moyens aux évolutions des besoins. Elle va également conduire à une baisse des ressources estimée par la FHF (Fédération hospitalière de France) à 200 millions d’euros dans un secteur qui manque cruellement de moyens.

Les tarifs actuels, en particulier dans le secteur privé lucratif, sont beaucoup trop élevés et n’ont pour objectif que de générer des bénéfices alors que le service rendu est de piètre qualité. Pour la CGT, la prise en charge de la perte d’autonomie, l’accompagnement des personnes âgées est un enjeu majeur de société. L’ensemble des services et biens médicaux liés à la perte d’autonomie, à domicile comme en institution, doit être remboursé à 100 % de la dépense opposable. Le financement de la perte d’autonomie doit relever de la branche maladie de la Sécurité sociale. Par ailleurs, un reste à vivre minimal devrait être garanti à tous les résidents en Ehpad.

La CGT apporte tout son soutien aux personnels mobilisés qui se battent pour de meilleures conditions de travail et, de ce fait, pour l’amélioration des conditions d’accueil des résidents.

La CGT appelle ses organisations à soutenir et à participer aux initiatives qui seront décidées en territoires le 30 janvier. Nous devons tous être aux côtés des personnels des Ehpad et du secteur de l’aide à domicile pour réclamer des moyens suffisants pour une prise en charge décente des personnes âgées.

Montreuil, le 10 janvier 2018

USD Nièvre
EHPAD en danger, équipes épuisées :
EXIGEONS L’AMELIORATION DE
NOS CONDITIONS DE TRAVAIL
ET DE PRISE EN CHARGE DES RÉSIDENTS

De ce constat les salariés des EHPAD se sont mobilisés sous diverses actions ces derniers mois ainsi que les résidents, leurs familles, les associations pour dénoncer les dégradations des
conditions de travail et d’accompagnement indignes des personnes âgées. Les soutiens aux personnels se sont intensifiés et le gouvernement n’a eu d’autres solutions que de s’emparer du
sujet au regard de l’urgence que nécessite la prise en compte de ces problématiques. Une mission parlementaire « flash EHPAD » a été décidée.
Le 13 septembre 2017, cette commission parlementaire a donné son rapport sur l’état des lieux des conditions de travail des salariés, et de vie des résidents, et l’a intitulé : « La France ne fait pas son devoir auprès des personnes âgées ». Mais attention, si ces députés de la majorité nous disent ce que nous voulons entendre, leurs actes ne sont pas en concordance avec leurs discours. Car ce sont les mêmes qui ont voté la nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale 2018 qui affiche un objectif de baisse de dépense publique et de réduction du déficit au détriment de notre système de santé et de la réponse aux besoins.

« Sophie, aide-soignante : nous ne sommes pas assez nombreux dans les services. C’est de l’usinage et le matériel n’est pas adapté. Je suis épuisée.

Monique, aide-soignante : quand on fait les toilettes, on n’a même pas le temps de discuter avec les résidents. Ils ne comprennent pas et nous, nous faisons du mauvais travail. On n’apprend pas cela dans nos formations à l’école. Si on m’avait dit que j’allais traiter les résidents comme ça, je n’aurais jamais fait ce métier.

Stéphanie, agent des services hospitaliers qualifiés : le soir,
c’est vraiment l’usine, on n’a le temps de rien faire. On ne fait pas notre travail correctement, je suis écœurée.

Charlotte, aide-soignante : toutes les équipes sont sous tension, nous voulons bien travailler pour bien soigner mais nous n’y arrivons pas faute de moyens humains.

Bruno, infirmier  : les budgets sont à la diète pour tout le monde, même les infirmiers n’ont pas le matériel nécessaire. C’est une honte ! C’est le système débrouille.

Christine, aide-soignante : ça nous arrive de diminuer la quantité d’aliments pour les patients qui ne peuvent pas manger seuls, sinon on n’y arrive pas. »

Que nous soyons EHPAD du public ou du privé, nous sommes financés en majeure partie par la Sécurité sociale (prise en charge des soins), par les conseils départementaux (prise en charge de la
dépendance et d’une partie de l’hébergement) et par les familles (prise en charge de l’hébergement). Or avec les restrictions budgétaires décidées par le gouvernement Macron, la Sécurité sociale voit ses dépenses amputées de nouveau de 5 milliards et les collectivités territoriales de 3 milliards.
Pour que les objectifs prioritaires préconisés par cette commission parlementaire puisse améliorer les conditions de travail dans nos EHPAD sans reste à charge supplémentaire pour les familles et ainsi améliorer la prise en charge de nos aînés, il faut exiger les moyens budgétaires nécessaires à nos établissements.
En effet, sans augmentation de l’enveloppe budgétaire de chaque EHPAD, comment atteindre les objectifs de cette mission pour :

 Mieux reconnaître le métier d’aide-soignant et valoriser leur statut ?
 Doter les EHPAD de personnel infirmier exerçant de nuit ?
 Augmenter les ratios : un agent ou salarié par résident ?
Si nous ne disons pas stop pour rompre avec cette politique
d’austérité et obtenir d’autres choix, nos conditions de travail et
l’emploi subiront de nouvelles dégradations.

Il est temps de passer à l’action pour exiger :

1. la création de postes qualifiés en nombre suffisant : un
soignant pour un résident ;
2. un plan de formation et de qualification de tous les
salariés ;
3. l’abrogation des dispositions législatives à la réforme de
la tarification des EHPAD ainsi que le retrait des décrets
d’application ;
4. l’arrêt des diminutions des budgets ;
5. l’amélioration des rémunérations, des perspectives professionnelles et de carrières, dans le cadre du statut et des conventions collectives nationales.

Par la grève dans les EHPAD privés et publics,
exigeons de meilleures conditions de travail
pour pouvoir bien travailler pour bien soigner.
Rassemblement devant la préfecture
mardi 30 janvier, à 15 h
Rassemblement Intersyndicale CGT-CFDT-FO

 

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